Tu devrais plus souvent dire non

J'ai mis longtemps à me décider à écrire cet article. D'ailleurs, au moment où j'écris ces mots, je n'ai toujours aucune idée du titre que je vais lui donner, ni même quelle orientation il prendra. J'écris au fil des mots qui me viennent et j'espère que cet article vous parlera. J'espère aussi qu'au final, il me parlera.



Billet d'humeur : tu devrais plus souvent dire non



« Tu devrais penser plus à toi, Mélanie. » « Tu as le droit de dire non si tu ne veux pas. » «Accepte les compliments que l'on te fait, tu les mérites.» «Tu ne pourras jamais tout maîtriser.»

Ces phrases, je les ai entendues mille fois depuis mon enfance. Pourtant, intérieurement j'avais j'ai constamment l'impression de ne jamais en faire assez. De ne jamais être assez gentille, assez présente, assez à l'écoute, etc. Et je pensais pense encore trop souvent que c'est le cas.


Moi, une allégorie (source : Tenor GIF)

Je pensais également si j'osais dire "non", j'allais décevoir la personne en face de moi. Et qu'invariablement cette personne n'allait plus "m'aimer". J'avais j'ai toujours cette peur indicible de ne jamais en faire assez et de me trouver seule au final, si je pense un peu trop à moi. Paradoxalement, je pensais être une personne égoïste, avec souvent l'impression "d'écraser" les gens autour de moi, de prendre trop de place. Et pourtant, jusqu'à il y a 3/4 ans, le fait de devoir participer à une réunion avec des inconnus, ou prendre la parole devant plus de 10 personnes me rendait malade. Physiquement. 

J'ai appris, grâce à des amis bienveillants et un mari à l'écoute à prendre, au fil des années, un peu plus confiance en moi chaque jour, à accepter qui je suis et à faire la paix avec mes peurs. Même si, il faut l'avouer, j'ai un grand mal à dire non, à faire part de mes choix. 


- On va manger où?    - Comme tu veux cela m'est égal!   - Bon on va manger à "insérer le nom d'un endroit où je n'aime pas manger"?    - Oui parfait, c'est top! On s'y retrouve à quelle heure? 

Même si je déteste cela, je ne dirai pas non. Dans mes meilleurs jours, je ferai un peu la moue en espérant que mon interlocuteur comprenne...

Jusqu'à ce que tout le travail accompli soit explosé en quelques mois. J'ai vécu des événements très difficiles liés à une très mauvaise expérience professionnelle qui a duré un peu trop longtemps et qui a fortement ébranlé le peu de confiance en moi que je m’étais construit au fil des années. Ce genre de relations toxiques, qui te font avoir le sentiment que tu es folle. Pourtant au fond de moi je me battais pour me dire que j'avais raison, que mes ressentis étaient juste puisque ... c'était moi qui les ressentais et non mon entourage. 

Ce travail, je l'avais accepté car tout le monde attendait de moi que je l'accepte et pire encore tout le monde présumait que je l'avais déjà accepté. Pourtant, chaque cellule de mon corps me criait que si je ne voulais pas accepter ce boulot, j'avais le droit de le dire. Et plus encore le droit de refuser ce poste. Mais un premier CDI à 25 ans avec un bon salaire, alors que j'étais en CDD à 70% à 60 km de la maison et que la banque me poussait pour présenter un contrat en CDI pour obtenir le crédit de l'appartement dont je rêvais avec mon mari, et que l'intégralité de mon entourage trouvait cette nouvelle de recrutement "for-mi-da-bleuh", et bien, devinez-quoi... Je n'ai pas voulu les décevoir, une fois de plus... Et j'ai dit oui. Ce fut le début de quatorze mois de souffrance indicible, de développement de tocs, de névroses, de nuits d'insomnies, de pleurs chaque jours, de médication à base d’anxiolytiques, d'une sensation de mourir à petit feu. Même si durant cette expérience j'ai rencontré de belles personnes, notamment celles qui m'ont aidé / m'aident encore à affirmer qui je suis et que j'aimais vraiment les familles avec qui je travaillais, ce fut une des pires périodes de ma vie.

Et un jour une rencontre s'est produite. Une de celles qui arrivent à te mettre en ordre tout le bordel de ta vie que tu n'arrives plus à voir de manière logique en cinq minutes et à te confronter à tes vérités pas facile à accepter. En fait pour moi, elles étaient plusieurs, car réticente comme je l'étais à ouvrir les yeux sur la réalité, j'ai dû me confronter plusieurs fois à un discours similaire tenu par des personnes différentes, qui me connaissaient toutes peu mais qui avaient rapidement su lire et dire ce qui n'allait pas, ce qui bloquait chez moi. Cette répétition de discours m'a aidée à prendre en considération ce que je définissait à l'époque comme de la psychologie de comptoir. J'étais si réticente à ouvrir les yeux sur la réalité de mon état et de mon fonctionnement intérieur...


birdbox
Se voiler la face, ma grande spécialité (source : Birdbox)


Suite à cette (lente) prise de conscience, j'ai fait le choix de changer de travail (quitte à y perdre financièrement, mais c'est un moindre mal) et maintenant je travaille dans une équipe solidaire et à fond dans la cohésion. J'apprends tous les jours à devenir plus assurée, à m'affirmer et à prendre confiance en moi et se sont certes des petits combats du quotidien, mais pour moi ce sont des grandes victoires au final. 

Je commence à dire non et je remarque que ... BIG SCOOP... les personnes ne prennent pas un réponse négative à titre personnel. Et mieux encore, ils te considèrent en tant qu'humain, avec des sentiments et des goûts.  

Et je me forme, au travail (mon nouvel environnement de travail encourage à travailler de cette manière) et dans ma vie personnelle à ce qu'on pourrait appeler le "développement personnel". Cela fait quelques temps que je tente de parler autour de moi du "mieux-être", de la bienveillance et de distiller des conseils de développement personnel autour de moi. Rarement de manière frontale, mais au détour de petites phrases, attitudes, habitudes que je tente d'adopter au quotidien pour moi-même également.

Je suis travailleur social, je rencontre au quotidien des jeunes adultes en difficulté et j'essaye de mon mieux de les accompagner dans la gestion de leurs émotions, en les poussant à (re)prendre confiance en eux. J'essaye de toutes mes forces d'être bienveillante dans les propos que je suis obligée de tenir pour verbaliser les vérités parfois pas simples à aborder que j'aborde au quotidien. Je ne suis certainement pas parfaite, mais j'essaye de semer des graines, qui peut-être un jour germeront. Ou pas. Je ne suis pas une super-héroïne, je ne suis pas un robot. Personne ne l'est. Mais on peut essayer de vivre, travailler en accord avec ce que l'on ressent. (#bisounours)


#bisounours


Il faut bien l'avouer, je vis mieux ma vie à 28 ans qu'à 18. Grandir, être entourée, cela aide à accomplir de belles choses

Il faut juste ne pas oublier qu'on ne peut rien faire si on ne prend pas soin de soi en priorité.


Mademoiselle M.





10 commentaires:

Estelle a dit…

Coucou !
Ton article me touche énormément. J'ai essayé de rédiger un article dessus et 3 mois après je ne me sens toujours pas capable de le terminer et le publier. Tu as beaucoup de courage!
Tu as fait un joli choix que de préserver la confort intérieur plutôt que le confort financier, comme tu dis c'est un moindre mal.
J'ai connu un homme pendant 5 ans qui m'interdisait de dire non, et j'étais aveuglée par mon manque de confiance en moi. La reconstruction se fait lentement mais sûrement!

Très joli article, bravo à toi! Très belle semaine!
Estelle

Mademoiselle M se marie a dit…

Bonjour Estelle!
Merci d’avoir pris le temps de lire et de commenter mon article. Ton expérience a dû être si difficile... La reconstruction prend en effet du temps, même après 18 mois je subis encore parfois des conséquences induites par ce que j’ai vécu à mon ancien boulot.
Courage à toi pour ton parcours de reconstruction.
Belle semaine!
Mademoiselle M

Emy Symon a dit…

Moi j'te kiffe! ��
(Ouais c'est la conclusion de ma lecture ��)

Charlène /DIs le tout haut a dit…

Hello ! Merci pour ce bel article qui fait totalement écho à mes préoccupations du moment. Comme toi je me suis entièrement construite dans le compromis et la peur du conflit. Alors je dis oui et puis on verra après. Il y a quelques mois j'ai frôlé le burn out pro et maternel. Et ça m'a fait beaucoup réfléchir sur mes vrais besoins. Et dire non c'est vraiment s'affirmer et en même temps se responsabiliser. Mais c'est le début de la vrai liberté aussi et du mieux être. Alors continuons à dire non pour notre bien et celui des autres !

Queeney a dit…

Il faut beaucoup de courage pour ce mettre à nu comme tu l'as fait dans cet article. C' est un combat de s'affirmer, de pouvoir dire non, de l'accepter, de ne pas psycoter...
Merci beaucoup car tu encourage plus de personne que tu ne le penses^^.

Mademoiselle M se marie a dit…

Moooooh t’es trop mimi!

Mademoiselle M se marie a dit…

C’est exactement ça. Même encore maintenant je me rend malade l’idée d’être en conflit... Je n’ai pas encore d’enfant donc le burn out maternel je ne le connais pas, mais j’imagine à quel point cela doit être difficile... Courage à toi, et osons dire Non

Mademoiselle M se marie a dit…

Merci beaucoup. La rédaction a été difficile, telle un accouchement compliqué... Psychoter, une de mes grandes spécialités aussi. Ça épuise d’imaginer en permanence ce qui pourrait arriver, si on répond si ou ca et si la personne en face en déduit que x etc...
Ose dire non... Personne ne t’en voudras

Chlo a dit…

Big up!!!
Pis les autres on s’en fout! 😘

Mademoiselle M se marie a dit…

Haha t’es trop chou Chlo! Merci pour ce que tu as fait et ce que tu fais encore

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